Ce poème du monde advient à mon insu !

Par Dima Hamdan Il est venu à moi comme une Présence. J’ai cédé au charme ensorcelant d’ouvrages (dont le lecteur repérera les titres en italique) - si divergents soient-ils - et de leur possible lien non manifeste, ne serait-ce que par l’effet de l’imaginaire. Le collage des titres se fait poème, tout seul. Il révèlera au lecteur des auteurs comme Ovide, David Diop, Driss Chraïbi, Fouad Laroui, Tolstoï, Rousseau, Gibran, Rimbaud, Voltaire, Todorov, Hector Malot, Henri Bauchau, René de Obaldia, Marcal Aquino, Gilbert Sinoué, Mohammed Salmany, Milton Hatoum, Yukio Mishima, Ferréz, Schmitt, Elisabeth Bing, Orhan Pamuk, Camus, Kateb Yacine, Ahlem Mousteghanemi, Olivier Bleys, Marie-Aude Murail, Thomas Reverdy, Amin Maalouf, Joëlle de Rosnay, Sigrid Hunke, Yasmina Khadra, Alain Dupas, Patrick Pelloux, Ghandi, Edouard Saïd, Hassan Massoudy, Michel Onfray, Deleuze, Yves Danbakli, Hanane El Cheikh, Philippe Delerme, Dany Laferrière, Martin Michaud, Trinh Xuan Thuan, Anaïs Barbeau-Lavalette, Moussa Nabati, Italo Calvino, Luc Ferry, Alain Finkielkraut et un auteur inconnu (mais vivement présent). ... Le sens et sa cohérence sont émanation... Dans les Villes invisibles, les hommes sont En retrait.

Derrière les coulisses, les chants sont brouillés, Les voix confinées, Par les couvre-visages, la vie est enchaînée. Ecoutons la Confession d’un masque, exprimant la plainte d’un visage muet : Nous autres, modernes...

En nous beaucoup d’hommes respirent La Nuit sur neige,

L’hiver du mécontentement,

En attendant que quelque chose se passe. Dans ce village interplanétaire, notre demeure-mère

Agonise et les êtres mortels.

Nous les vivants, sommes-nous Frère [s] d’âme

Mus par la peur du vivre-ensemble ?


Le masque laisse entendre un collage d’autres Confessions du visage muet :

Hélas ! Le dérèglement du monde finit par engendrer

Deux régimes de fous : le pouvoir et l’argent.

Quant aux têtes bien faites, elles finissent par étaler

Les Perles de colère.

L’élixir d’amour, par Le poison d’amour, happé ;

Par Le cri des pierres, massacré...


Le visage demanda au masque : que deviennent Les perles de vie

Et le Souffle du jasmin dans le livre de Cette Terre ?


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Le masque ne sut répondre. Le visage répliqua d’un ton amer :

Ton silence sonne Comme un vide en moi !


Dis-moi, masque, que rencontres-tu sur Le chemin d’un calligraphe ?

Guerre et Paix ? Le Pays où l’on n’arrive jamais ?


Dis-moi, masque : comment exprimer

Cette chose étrange en moi ? Cette crainte du Manuel pratique de la haine entre hommes... Ce vain combat que [l’on] livre au monde sans baume ?


Le masque apprit au visage effaré, Effacé...

Que Les femmes ne meurent plus d’amour !

Mais de La Chorale du diable,

Des Amours interdites,

Du Cimetière des Rêves.


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Sacrifié l’amour sur Le festin des loups,

La femme gémit : Je voudrai qu’on m’efface !

L’homme qui venait du passé

oublie que j’ai toujours été sa

Nedjma ! Et de moi, il est las.

Il oublie que j’ai souvent gardé ma Place au soleil.

Il oublie que, mon avènement sur terre,

Incarne La plus belle histoire de la terre

Et prolonge La sagesse des mythes.

Je regrette d’être réduite au Crépuscule d’une idole

Pendant Mille et Une Nuits des plus folles.

J’attends ma re- Naissance à l’aube.

En moi, les peuples liront le Dictionnaire amoureux du ciel et des Etoiles,

Et sauront qu’un jour L’Orient [sera] créé par l’Occident

Avec justice,

Que le Soleil des Arabes brille [ra] sur l’Occident

Ce n’est pas chose factice.


A l’heure où tous les visages s’assombrissent

Et, dans les masques, s’éclipsent,

Un avènement saisit les partisans du pouvoir, de l’argent

Et les misérables en lice.

Leurs regards émergent

De l’autre côté de la ville !

Ainsi s’annonce l’avènement du Prophète humain.

Pour les hommes, il porte Le Privilège du phénix,

La symphonie du vivant, Nous les vivants...

Leur rappelant que l’homme n’est plus L’étranger des siècles,

Qu’il n’est plus Sans famille,

Qu’il ne se laisse plus manipuler par le Choc des civilisations ;


Les ramenant au charme du Recours aux forêts,

A Gaïa,

Lieu de leurs passions, de La sculpture de soi ;


Les ramenant à eux-mêmes, non d’une manière Candide ;

Leur apprenant à être En famille humaine,

A libérer Les Illuminations des muses ;


Leur apprenant que Tous les hommes sont frères,


Que Nous ne sommes pas séparés de nos libertés.


Tombent les masques.


S’élèvent un papier, un violon, un pinceau... et une Rose...

Gaïa se réjouit de la liberté des têtes bien faites...

Entre ses entrailles, les âmes célèbrent une fête...

Justice, droit et beauté à jamais gravés dans les mémoires...

Il suffit d’un papier pour que chacun des hommes

Laisse ses traces civilisées,

Libérant l’intelligence des émotions sur du papier,

Disant qu’écrire est un Océan dans lequel j’ai plongé sans savoir nager,

Que L’énigme du retour à la sagesse est désormais possible

Grâce à L’art d’aimer,

De libérer son potentiel

De s’enthousiasmer à la culture de la vie digne....


Ecrire est une enfance, une enfance savante...


Et je nageai jusqu’à la page... se dit alors chacune des âmes libres...

Ames munies d’un pinceau, d’une plume,

Arrive un concertiste

Pour créer

Le triomphe de l’artiste.


Signature : Vers bohémiens

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