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CORUSCATION DE GOETHE - Ouvrage de Mohamed ZINELABIDINE - extrait de sa Préface par Gérard PELÉ

- Extrait 1 -

En faisant la synthèse de ses ouvrages sur son « trialogue » avec Francis Fukuyama et Samuel Huntington, Mohamed Zinelabidine nous propose un ouvrage intitulé L'impensé au présent. Remarquons d'emblée qu'il ne prétend pas affirmer qu'il nous délivre l'impensé « du » présent comme s'il en détenait la vérité, mais qu'il se limite à nous en proposer une lecture fondée sur son expérience, depuis ses études universitaires jusqu'à ses actuelles responsabilités a L'ICESCO, en passant par l'enseignement, la direction d'établissements universitaires et ses fonctions de ministre des affaires culturelles en Tunisie. Et cette expérience est marquée un « éclat vif », passager mais constamment renouvelé, constitué par l'incandescence de sa pensée mise au contact des cultures des différents pays avec lesquels il a entretenu de nombreuses collaborations. Ensuite, c'est bien cette fréquentation de diverses cultures qui l'a conduit à examiner les thèses de Francis Fukuyama et Samuel Huntington, dont l'apparente opposition ne doit pas leurrer sur leur accord profond en ce qui concerne une supposée perfection de la « démocratie libérale » dans sa version occidentale. En effet, Francis Fukuyama et Samuel Huntington ont tous deux soutenu les aventures belliqueuses de leur nation et, par conséquent, envisagé, chacun à sa manière, l'utopie d'une « paix universelle » qui en serait l'issue...
Extrait 1 de sa préface de l'ouvrage : CORUSCATION DE GOETHE
Extrait 1 de sa préface de l'ouvrage : CORUSCATION DE GOETHE
 

Gérard PELÉ


Professeur émérite à l'Université Paris I Panthéon Sorbonne

Extrait de sa préface de l'ouvrage















 

- Extrait 2 -

... Thébaïde se présente comme un « voyage des sens, des arts et des savoirs à travers l'itinérance de nos vies... » Ce dont il est question, c'est d'une « retraite », d'un « retranchement », permettant de prendre la distance nécessaire à une méditation non finalisée, mais nourrie de toute l'épaisseur d'un vécu. L'occasion en a été fournie à Mohamed Zinelabidine par un éloignement de son environnement familier, mais en un lieu qui, en fin de compte, la rapproché de sa propre généalogie : l'Afrique, l'Egypte, tout ce continent qui vibre jusqu'aux rives de la Méditerranée ; toute une mythologie qui ressurgit dans l'évocation des poètes qui en ont célébré la splendeur, poètes qu'il a relayés dans ce texte. Dans sa partie conclusive, il réaffirme qu'une culture ne peut pas, ne peut plus, en tout cas, être isolée, localisée, rabattu par son histoire. Aucune culture n'existe en dehors des échanges qui non seulement l'influencent, mais aussi et surtout, font prendre conscience à ceux qui la vivent comme aux autres qu'elle existe, qu'elle est consistante, qu'elle porte des valeurs, des savoirs, des savoir faire, qu'elle a un patrimoine, matériel et immatériel. C'est un mythe qui a aveuglé Samuel Huntington lorsqu'il affirmait que « dans ce monde nouveau, la source fondamentale et première de conflit ne sera ni idéologique ni économique »; de même que Francis Fukuyama qui feignait d'ignorer que, dans la démocratie libérale, l'attribut de cette « démocratie » la renvoyait inévitablement à une économie qui se définissait elle-même par une concurrence autorisant tous les coups. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Michel Foucault avait inversé la thèse de Clausewitz en posant que "C'est la politique qui est continuation de la guerre par d'autre moyen et non l'inverse"
Extrait 2 de sa préface de l'ouvrage : CORUSCATION DE GOETHE
Extrait 2 de sa préface de l'ouvrage : CORUSCATION DE GOETHE
 

Gérard PELÉ


Professeur émérite à l'Université Paris I Panthéon Sorbonne

Extrait de sa préface de l'ouvrage














 

- Extrait 3 -

... La série des événements tragiques qui sont survenus depuis septembre 2001, sachant que cette date est certes marquante mais ne constitue pas une origine absolue, a conduit à plus ou moins substituer au concept de « choc des civilisations » celui de « choc des cultures ». Mais si le terme « culture » renvoie à la formation de l'esprit philosophique en général, donc à ce qui est propre à tout homme sans distinction, désigne aussi les aspects intellectuels ainsi que les pratiques esthétiques et spirituelles caractéristiques d'une civilisation. Par conséquent, cette substitution n'a fait qu'introduire un peu plus l'ambiguïté pour faire accepter une « pensée » foncièrement « catégorique ». Au contraire, Mohamed Zinelabidine, en avançant la notion « d'impensé », fait l'hypothèse qu'il est nécessaire de « suspendre son jugement », qu'il soit déductif ou inductif, pour laisser advenir la perception de ce que toute culture a en partage, au-delà des différences « de surface ». Et cette perception « diverselle », tout irrationnelle et quasi incommunicable qu'elle puisse être, n'en est pas moins consciente, et son existence, à défaut de son contenu, peut être transmise, ce à quoi il s'est en effet appliqué....
Extrait 3 de sa préface de l'ouvrage : CORUSCATION DE GOETHE
Extrait 3 de sa préface de l'ouvrage : CORUSCATION DE GOETHE
 

Gérard PELÉ


Professeur émérite à l'Université Paris I Panthéon Sorbonne

Extrait de sa préface de l'ouvrage
















 

- Extrait 4 -

.... Fernand Braudel, qui a inspiré Samuel Huntington, assimilait une civilisation à un espace, une aire culturelle a laquelle étaient rattachés des « biens » matériels et immatériels ayant une cohérence entre eux, et le tout persistant dans la durée. Les idéologies sont de tels biens immatériels, qui organisent les civilisations en leur donnant leur cohésion et en déterminant leur mode de fonctionnement. Mais comme ces idéologies sont « implicites », donc quasiment inconscientes, c'est uniquement le fantasme d'une réelle fin de la « guerre froide » qui a conduit Samuel Huntington à ne plus prendre en compte la part d'idéologie dans certains conflits qui, en effet, pouvaient être perçus comme liés à des cultures ou à des religions... Comme si les cultures et les religions étaient elles-mêmes dépourvues d'idéologie !
Alors, Mohamed Zinelabidine fait pertinemment remarquer que l'assertion selon laquelle « l'incompatibilité d'un monde musulman jugé immuable quant à une modernité occidentale revendicatrice, pour sa part, de liberté, d'individualisme et de rationalité » ne relève pas moins d'une idéologie que n'importe quelle religion. Auquel cas, si la « modernité occidentale » peut être, somme toute, assimilable à une religion, il n'y a plus lieu de dissocier la portée intellectuelle et spirituelle d'une civilisation ou d'une culture de sa portée politique et temporelle. Dans tous les cas, elles auraient une capacité d'action concrète sur l'humanité...?
Extrait 4 de sa préface de l'ouvrage : CORUSCATION DE GOETHE
Extrait 4 de sa préface de l'ouvrage : CORUSCATION DE GOETHE
 

Gérard PELÉ


Professeur émérite à l'Université Paris I Panthéon Sorbonne

Extrait de sa préface de l'ouvrage
















 

- Extrait 5 -

... C'est finalement en historien que Mohamed Zinelabidine a entrepris de rassembler ces dimensions en leur restituant leur juste proportion. Il faut rappeler que de la même manière que Samuel Huntington avec Fernand Braudel, Francis Fukuyama s'est approprié George Hegel en oubliant que sa réflexion sur une « fin de l'histoire » est en réalité à penser en termes de « finalité sans fin » et qu'elle a été en partie inspirée par son Esthétique dans laquelle, effectivement à l'issue de la période romantique, l'homme pourrait parvenir à une perfection spirituelle qui rendrait obsolètes les formes d'art antérieures... Laissant l'histoire de l'art se poursuivre dans cette forme spirituelle ! On pourrait admettre avec Francis Fukuyama, au moins à titre d'expérience de pensée, que la démocratie libérale telle que conçue dans le régime capitaliste parvienne à un état d'équilibre acceptable par tous, mais certainement pas qu'elle serait, dans cette « perfection», libérée de toute idéologie car, comme civilisation, elle en aurait évidemment une, cette idéologie étant même constitutive de la structure sans laquelle elle ne se serait pas développé. Là encore Mohamed Zinelabidine rappelle là généalogie des trois monothéismes ne permet en aucun cas de les considérer comme antagonistes puisqu'ils possèdent une même dimension « préindividuelle » qui a subsisté au cours de leur individuations respectives ...
Extrait 5 de sa préface de l'ouvrage : CORUSCATION DE GOETHE
Extrait 5 de sa préface de l'ouvrage : CORUSCATION DE GOETHE
 

Gérard PELÉ


Professeur émérite à l'Université Paris I Panthéon Sorbonne

Extrait de sa préface de l'ouvrage


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