L’Agora, un pensoir au-delà des genres

Sur une notion ancienne, faisons une pensée nouvelle…

Que ce forum de discussion porte le nom grec antique Agora, ne manque pas d’à- propos. C’est le froissement d’une âme féminine qui impulse ces lignes à venir, cette pensée sur un mot-concept.


Dans l’acception grecque du terme, l’agora est un espace citoyen public destiné à l’ouverture à la polisd’une manière ou d’une autre, à la communication et aux échanges, à l’exception de la femme qui devait vivre sous la férule du masculin. Faut-il rendre la femme agoraphobe ?


Je pense qu’à chaque époque sa modernité qui remet en question des idées, des valeurs et des pratiques… Même le mot, son acception, son surplus de sens, son extension comme son rétrécissement, s’inscrivent dans la mouvance de la pensée et se produisent sous un jour nouveau. Le mot n’est pas une entité isolée dans son univocité ; il est susceptible d’une mutation sémantique. La migration de sens se produit à partir de sa racine sémantique.


Que sais-je de la vie d’un mot ? De sa flexibilité et de son adaptabilité à la culture des hommes ? De sa relation avec le sujet percevant ? Les théories évolutionnistes sémantiques ont fait couler l’encre des chercheurs. Faut-il rappeler – pour n’en citer que quelques-unes - les études de Michel Bréal sur l’analyse du sens dans le langage ? La charge sociale du fait linguistique chez Meillet? L’anagramme saussurien et le caractère arbitraire du fait linguistique ? Sperber dans l’analyse de la charge affective du mot ? La dimension pragmatique du lexis chez Alain Rey ?


La vie d’un mot est rebelle au statisme. Le mot évolue comme une semence se met à pousser, au gré des conditions atmosphériques et agronomiques – destin de tout acte de cultiver – et porte en lui cette charge de sens… enrichi de son parcours de vie.


Le mot n’est pas un simple transmetteur de sens, ni un simple conducteur d’une pensée. Le mot, tout mot, tel qu’il me paraît – dans la jointure du son au sens – un vase communicant une part de son entité. Cette entité est une corde vitale qui se fait vocale par nécessité du développement, d’évolution. Il est messager, le mot, cet être vif et vivant – fluide entité qui fructifie un nouvel équilibre dans une langue.


Revisiter le concept Agora, revient à l’augmenter d’un surcroît de sens… ce sens qui ne peut s’assumer ni se consumer sans la contribution féminine, bien au-delà de l’engagement féministe… je n’en suis pas à ce niveau de l’approche du concept en question.


Est-ce un hasard de reconsidérer ce concept à l’aune de la Journée Mondiale de la Femme ? De son séjour sur terre ? De cet utérus intellectuel qui porte l’Agora, la Cité, l’Etat et la Terre entière ?


Que l’on me permette – dans l’élan du souffle de reconnexion avec le féminin, cet inconscient du masculin – ce clin d’œil qui me vient dans la fluidité du réfléchir. Cet Agora virtuel, s’enrichit de la contribution du masculin et du féminin à la fois, à la folie !? Ce glissement presqu’anagrammatique, produit à l’insu de ma plume, je continue à le retenir à défaut d’efface-erreur, à défaut d’espace qui puisse libérer le souffle des poumons…


Tenter d’affranchir le concept Agora du carcan générique dans ce fragment de « discours amoureux » pour le corps d’un mot, naît du vœu de partage des choses de l’esprit afin d’échapper à « la solitude dudiscours amoureux », et naît de la promesse de garder à deux, à plusieurs, l’aventure du « ravissement » barthésien… par le mot.

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