THÉBAÏDE

Benjamin Brou


L’ouvrage Thébaïde porte sur le voyage, l’itinérance et la correspondance des idées, des lettres et des arts, dans l’impensé du vécu et du créatif.

Thébaïde est ici ce voyage des sens, des arts et des savoirs à travers l’itinérance de nos vies, si courtes, si vraies, si chargées. Il permet ainsi de réfléchir sur l’être, ses passages, son lieu et sa disposition d’esprit en tant que dispositif de création.

Thébaïde offre des points d’ancrage et des repères sur la pensée intellectuelle et poétique africaine. Il met en évidence les moments forts de la présence africaine dans la création littéraire et l’appropriation de son histoire.

La question était de pouvoir penser ce qui est déjà pensé sans s’embourber dans les sentiers battus du déjà connu. La piste de Thébaïde vient en réponse comme alternative emportant avec elle la poétique de l’isolement, de l’austérité, du calme et de la solitude pour mieux entendre sonner ‘l’heure de nous-mêmes’ césairien.

Thébaïde, c’est cet appel du désert, lorsque tout devient sombre et sans sens dans nos vies et autour de nous, et que nous pouvons laisser derrière nous les fastes de nos existences ; c’est lorsque nous pouvons simplement être en itinérance, emportant le pain rassis de la veille pour seule nourriture en chemin, le balluchon sur le dos, le bâton de pèlerin dans la main en quête de la terre nouvelle, au sens de Huysmans.

C’est en cela que Thébaïde épouse tout son sens réconciliateur de pont entre les êtres et les choses. Elle se pose et s’impose comme le lieu de refuge pour tous, grâce auquel on peut aujourd’hui encore fuir, dire non à la nuit, au clos, pour retrouver l’ouvert au sens bergsonien comme nouvelle origine.

Point n’est question dans cet ouvrage, de textes ni de pensées mis bout à bout. Cet ouvrage Thébaïde est une pensée complexe non réductible à une science, ni à une philosophie ; il s’articule à une pensée qui permet des intercommunications en opérant des boucles autoproductives au sens d’Edgar Morin.

Loin d’un παράπονο, Thébaïde de Mohamed Zinelabidine est à la fois une élégie et un chant d’espérance pour l’Afrique. C’est le cri d’espoir des arts et de la culture pour l’Afrique depuis son Septentrion.

Comme on le constatera en parcourant l’ouvrage, de nombreuses personnalités et pensées appartenant au monde de l’art, de la science et de la culture sont convoquées dans cet ouvrage auquel je souhaite un succès.

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