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A 50 ans, je rêve de marcher pour elles, avec elles...

Updated: Dec 22, 2025


Réseau International Des Chaires ICESCO Pensée, Patrimoine, Lettres Et Arts

GROUPE DE RECHERCHE SUR " LA PENSÉE ET LA CRÉATIVITÉ DES FEMMES DANS LE MONDE ISLAMIQUE "


Olfa ABID









Olfa Abid


Docteur en médecine vétérinaire

Spécialiste en médecine de comportement




→ Biographie :

Tunisienne, Olfa Abid est médecin vétérinaire en exercice depuis plusieurs années. Son engagement associatif est source d'un  leadership dont elle témoigne en faveur des femmes toute appartenance sociale confondue. Douée pour le numérique elle mène une brillante présence sur les réseaux sociaux en tant que productrice de concept et influenceuse et a développé son propre projet dans le domaine des startups. Dévouée pour l'écologie, elle mène des actions-natures continues à Ras Enjla, en Tunisie.


Le maillon d’une chaîne


Je ne suis qu’une fibre dans le tissage des femmes du monde, Je tiens la main de celles qui m’ont précédé et je tends la mienne à celles qui viendront. Mon chemin mêle savoir, respect, bienveillance et action. Que mes pas petits, répétés et obstinés soient des ponts pour rendre le monde plus juste, plus tendre, plus authentique.


Je suis née dans les bras d’un rêve, celui d’un monde plus doux, plus vaste, plus égalitaire. Un monde où l’amour serait une respiration, où le savoir serait une offrande, et où le lien avec le vivant serait sacré.

Mais je suis aussi née femme. Née tunisienne. Avec sur les épaules l’héritage de celles qui ont osé être. Dans mon village, les filles ne partaient pas. La pudeur et les usages freinaient les pas. Et pourtant, ma tante Najet, dont le nom signifie « survie » fut la première à franchir les frontières pour étudier. Lorsque certains s’émurent, mon grand-père, khammes, ouvrier de la terre, répondit simplement : « Ma fille part pour le savoir. C’est le chemin que nous a tracé le bon Dieu. »


Ce fut un oui discret, mais immense. Un oui qui ouvrit la voie. Un oui qui sema l’émancipation. Je suis le fruit de ce geste. Le prolongement de cette foi. Un maillon dans une

chaîne de femmes pionnières : de Fatima al-Fihriya, fondatrice de l’université de Fès, à Aziza Othmana, qui fit de la compassion une politique, jusqu’à toutes celles qui ont porté le savoir comme une bannière de dignité. Je suis la sœur de celles qui ont compris que l’instruction est une clé, que l’émancipation est une marche, et que la foi peut être souffle d’ouverture.

 

De la clinique à la clairière : Itinéraire d’une femme numérique en harmonie avec la terre

 

▶︎ S’engager pour le vivant


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Très tôt, j’ai compris que l’engagement associatif peut faire évoluer les mentalités. En 2008, j’ai co-fondé le Club Faune et Flore Méditerranéenne, une aventure sensorielle et militante : sauver des ânes blessés, replanter une forêt ravagée, alerter sur la disparition du Sloughi, nettoyer des plages étouffées par les déchets. Chaque geste était une lettre d’amour adressée à la terre, une caresse offerte à notre patrimoine vivant.

En 2010, j’ai été élue présidente de l’Association Tunisienne des Vétérinaires des Animaux de Compagnie, avec une volonté de réforme et de transmission.


Au lendemain de la révolution, mon action s’est intensifiée. Je me suis formée à l’accompagnement des ONG tunisiennes, avec l’appui de l’organisation allemande Frédéric Norman. J’ai vu naître les graines du changement, et j’ai choisi de les cultiver.


▶︎ La médecine vétérinaire comme poésie du soin


Mon amour pour les animaux a naturellement dessiné ma vocation. Après six années d’études vétérinaires, j’ai fondé en 2003 ma propre clinique. À une époque où l’animal n’était pas encore reconnu comme un être sensible, j’ai choisi de soigner autrement : avec respect, avec écoute, avec poésie. En 2016, j’ai réaménagé Anivet, devenue depuis une clinique pionnière en Tunisie, tant par son approche que par son équipement. Mais le soin ne s’arrête pas à la blessure. Il interroge aussi le comportement.

En 2012, portée par ma soif de compréhension, j’ai rejoint la première promotion de vétérinaires comportementalistes de Maisons-Alfort. La science est alors venue éclairer mes intuitions poétiques : l’animal ressent, dialogue, révèle.


▶︎ ALIFA : une application comme offrande


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Dans un secteur souvent livré à l’anarchie, où l’éthique se heurte aux logiques économiques, j’ai rêvé d’un outil à la fois solidaire, structurant, et respectueux. Ainsi est née ALIFA, une application gratuite, autofinancée et labellisée startup, pensée comme un geste de soin pour les animaux de compagnie.

Plateforme sanitaire, sociale et professionnelle, ALIFA poursuit sa route comme un pont entre l’humain et l’animal.

Elle s’apprête à évoluer, accompagnée d’une télé digitale dédiée au bien-être animal dans le monde arabe, pour vulgariser, inspirer et éveiller.


▶︎ Vivre autrement : retour à l’essentiel


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Mais derrière la vétérinaire, il y avait une mère. Quand ma fille est partie étudier loin de moi, un vide s’est ouvert. Il m’a rappelé mon rêve d’enfant : vivre en harmonie avec tout ce qui m’entoure. En 2023, j’ai quitté la capitale pour m’installer à Cap Angela, entre mer, montagne et forêt, le point le plus septentrional du continent africain. Là où les vents portent encore la mémoire des premiers souffles humains.

J’y vis au rythme des saisons, entourée de mes compagnons : trois Sloughis, une ânesse, chats, lapins, poules, paons et moutons.

J’y ai semé, réparé, récolté, filmé. Des gestes simples : tisane d’ortie, recettes d’antan, meubles restaurés. Non pour la gloire, mais pour transmettre.


Et sans le vouloir, je suis devenue créatrice de contenu. Influenceuse, dit-on. Mais moi, je dis : passeuse de valeurs. Je parle de ce qui m’émeut, je montre ce qui m’apaise. Et les gens me suivent, touchés par mon authenticité, par cette harmonie tissée autour du vivant, avec poésie. Alors je continue à croire à rêver à faire rêver … À croire qu’on peut repenser le monde.


▶︎ Aligner le corps, l’esprit et la nature


Ce recentrage sur la nature m’a conduite vers le yoga. Après 15 ans de Pilates, j’ai approfondi ma pratique jusqu’à me certifier professeure de yoga coach (Alliance Yoga, 2025). Un pas de plus vers l’alignement entre le corps, l’âme et le vivant.


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Je travaille également à valoriser les plantes médicinales, notamment l’ortie, en cosmétologie et nutrition.

Bientôt, je lancerai , une maison de soin et de bien-être où se tiendront des ateliers Wellffiet, pour transmettre des rituels inspirés de la nature, de la forme et de la spiritualité.

Je poursuis aussi ma mission vétérinaire à l’École de Sidi Thabet, en tant que consultante en médecine du comportement, avec toujours le même fil rouge : l’éthique et la bienveillance.


Et marcher encore… Le rêve comme boussole


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À l’aube de mes 50 ans, une image me hante : celle d’une femme portant des bidons d’eau, accrochée depuis vingt ans dans ma cuisine.

Je rêve d’une marche poétique. Une marche solitaire mais solidaire, avec Bakhta, mon ânesse, mes Sloughis, et mes milliers de followers.

Une procession pour les femmes qui portent le poids du quotidien, du silence, et de l’eau.

Une marche où chaque pas devient mot, chaque souffle promesse. Une marche qui traverse les écrans, rassemble les âmes, et ramène l’eau à celles qui en manquent. En Tunisie ou ailleurs, peu importe : l’essentiel est de rendre la vie plus douce.

Le numérique peut être un pont. Un écran transmet des valeurs, éveille les consciences, unit autour d’un rituel. Si mes vidéos ont touché, apaisé, inspiré, alors cette marche en sera le prolongement vivant, une marche incarnée pour dire que l’harmonie est possible entre les lettres, la terre, les femmes et les animaux. Je marcherai avec elles, pour elles. Et j’emmènerai avec moi tous ceux qui croient en moi, et qui croient, comme moi, dans le rêve. Je suis prête, aujourd’hui, à mettre ce rêve en marche aux côtés de l’ICESCO, pour faire éclore d’autres rêves, dans d’autres cœurs. Parce que je crois en l’éducation comme ferment de dignité, en la culture comme outil de paix, et en la science comme langage du vivant. Parce que mon parcours croise les chemins du soin, de l’engagement, de la transmission et de l’harmonie. Parce que je suis une femme qui rêve, agit, crée et marche.

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