top of page
  • Instagram
  • Facebook
  • Youtube
  • ICESCO

La réhabilitation archéologique, nouvelle source d'emploi au Yémen

Depuis 2014, la guerre encore en cours au Yémen a entraîné dans son sillage destructeur la disparition d’une partie importante de l’héritage culturel millénaire du pays.  Avec une voix teintée d’un profond amour pour leur patrie, ses habitants l’évoquent comme étant le plus vieux territoire peuplé du monde, mentionné déjà dans la Bible, et où certains des plus vieux palaces, mosquées et autres maisons sont encore debout à Sana’a, la capitale. La vieille ville de Sana’a, mais aussi celle de Shibam ainsi que la cité historique de Zabid ne sont que quelques-uns des lieux yéménites inscrits aujourd’hui au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, respectivement en 1986, 1892 et 1993, témoignant d’une richesse culturelle profonde, mais menacée.


Vieille ville de Sana’a :


La vieille ville de Sanaa au Yémen - Quand Partir | Ouest France
La vieille ville de Sanaa au Yémen - Quand Partir | Ouest France

Située dans une vallée montagneuse à plus de 2 200 mètres d’altitude, Sana’a est habitée depuis plus de 2 500 ans, faisant d’elle l’une des villes les plus anciennes habitées en continu du monde ! Celle-ci puise ses origines dans certains des plus vieux royaumes d’Arabie du Sud, avec notamment les civilisations sabéennes, la plus importante (1000 av. J.-C. – 275 ap. J.-C.), himyarites (110 av. J.-C. – 525 ap. J.-C.) et minéennes (1200 av. J.-C. – 650 av. J.-C.) qui ont prospéré dans la région. Reliant la péninsule arabique au Levant, à la Mésopotamie et au sous-continent indien, elle fut, pendant un long moment, un carrefour majeur de commerce mais également d’échanges linguistiques, culturels et artistiques durant l’Antiquité. Les échanges commerciaux, plus spécifiquement d'encens et d'épices, permirent à la ville de s’enrichir et de s’agrandir rapidement. La prospérité de la ville était également liée à ses terres fertiles, alimentées par des systèmes d'irrigation élaborés et aux pluies annuelles de la mousson. 


L'avènement de l'Islam et l'Âge d'Or Islamique :


Postérieurement à l’arrivée de l'Islam en tant que nouvelle religion au 7ème siècle, Sana’a se trouvait, majoritairement, sous influence chrétienne. De cette époque, seules quelques traces subsistent encore aujourd’hui, comme le site de la cathédrale d’Al-Qalis (ou "Grande Église de Sana’a"), construite sous le règne d’Abraha al-Ashram (entre 525 et 570 ap. J.-C.), et du martyrium de Najran, éternel témoignage de la persécution qu’ont subi les chrétiens en 523 sous le règne du roi juif Yusuf As'ar Yath'ar (entre 517 à 525 ap. J.-C.), envers tout ceux qui refusaient de se convertir à la judéité. Avec l'arrivée de l'islam, Sana'a a rapidement embrassé la nouvelle foi. Elle est devenue un centre clé pour les premiers califats islamiques, notamment sous les dynasties des Rashidun, des Omeyyades et des Abbassides. D’après la tradition, le Prophète Muhammad ﷺ lui-même aurait ordonné la construction de la Grande Mosquée de Sana'a ("Al-Jami' al-Kabir") en 630 après J.-C., à l’emplacement même de l’ancienne cathédrale, faisant d’elle la première mosquée construite hors de La Mecque et de Médine.


Durant l'âge d'or islamique, Sana'a a continué à être un centre majeur de savoir, de théologie et de commerce. Des érudits venus de tout le monde islamique y ont étudié et enseigné dans ses "madrasas" (écoles religieuses), tandis que les marchands continuaient de profiter de sa position stratégique sur les routes commerciales terrestres. La ville est également restée un centre de pouvoir politique, servant de capitale à diverses dynasties islamiques, comme celle dite des "Imamats Zaydites", qui a régné sur une grande partie du nord du Yémen pendant près d'un millénaire. Plus tard, les reconstructions successives de Sana’a sous la domination ottomane, à partir du XVIe siècle, respectèrent l'organisation spatiale de la ville tout en y apportant plusieurs modifications importantes, participant à lui donner son allure actuelle. 


Patrimoine architectural :


Les maisons traditionnelles de Sanaa - Maison du Monde (Douce Cahute)
Les maisons traditionnelles de Sanaa - Maison du Monde (Douce Cahute)

L'un des traits les plus emblématiques de la vieille ville est ses maisons-tours imposantes, qui peuvent s’élever jusqu'à sept étages et dominent l'horizon avec leurs silhouettes robustes semblables à des forteresses. Ces bâtiments, dont certains datent de plus de 500 ans, sont construits à partir de briques de terre séchées au soleil (ou “pisé”) et de pierres, avec des murs épais de près de deux mètres à leur base. Cette méthode de construction traditionnelle offre une isolation naturelle contre la chaleur intense des étés et les hivers froids des hauts plateaux, mais également une réponse remarquable aux besoins défensifs de la ville, avec les maisons pensées aussi proches les unes des autres que possible et garnis de petites portes. La construction de ces bâtiments témoignent véritablement d'un savoir-faire exceptionnel dans l'utilisation de matériaux et de techniques locales.


Aujourd’hui, Sana’a reste une ville extrêmement animée, avec un tissu urbain fait de ruelles étroites, de souks couverts, de places publiques et de mosquées anciennes, le tout contenu dans les murs épais et crénelés de la ville. Elle est également réputée pour ses artisans habiles, qui continuent de produire une large gamme d'articles traditionnels, notamment des bijoux en argent, des articles en cuir, de la poterie et des textiles finement tissés. À son apogée, elle pouvait compter jusqu’à 50 souks dispersés à travers toute la ville, aujourd’hui, il n’en resterait plus qu’une trentaine, mais où résonne encore les bruits des métaux qui s’entrechoquent, l’odeur des épices fraîchement moulues et la beauté des couleurs vibrantes des tissus teints à la main.


Ancienne ville fortifiée de Shibam :


Située dans la vallée de l'Hadramaout au Yémen, Shibam, aussi surnommé la " Manhattan du désert " en raison de sa planification urbaine basée sur le principe de la construction verticale, est l'une des plus anciennes et des plus remarquables villes de la péninsule arabique. Fondée il y a environ 1 700 ans, elle fut un centre commercial majeur pour les routes caravanières qui reliaient l'Arabie du Sud à l'Afrique de l'Est, l'Inde et la Méditerranée, participant ainsi à sa prospérité. Avec l’arrivée de l’islam, et notamment sous les dynasties Himyarites et Kathiri, la ville est également devenu un important centre religieux, culturel et politique, en raison de sa population importante, et dont les traces sont encore visible aujourd’hui.


Patrimoine architectural :


En effet, de nos jours, si Shibam est tant célèbre, c’est surtout pour ses imposants gratte-ciel en terre crue, certains pouvant atteindre jusqu'à 30 mètres de hauteur, et, là encore, construits entièrement en briques de terre séchée au soleil; écologique et parfaitement adaptée au climat de la région. Ses murs épais offrent une excellente isolation thermique, tandis que les fenêtres étroites et les ouvertures en forme de fentes permettent de réduire l'impact de la chaleur intense du désert. Autre fait intéressant mais peu connu est que, malgré une communauté plutôt homogène, il existait une forte rivalité entre les grandes familles qui y habitaient, d’où le fait que l’on ne trouve presque aucune fenestration au niveau du sol. Mais pourquoi se développer verticalement plutôt qu’horizontalement, comme ses villes voisines ? En réalité, Shibam se trouve sur un emplacement plutôt contraint entre les falaises de l'Hadramaout et les plaines inondables de la vallée, un site donc, sujet aux caprices de la nature. La seule solution possible était alors de se développer en hauteur plutôt qu’en largeur. Cette densité verticale unique en a fait l'un des premiers exemples d'urbanisme vertical au monde, bien avant les gratte-ciel modernes de New York ou de Dubaï.


Mais Shibam n’a pas fini de nous livrer tous ses secrets. En effet, la ville regorge encore d’indices et de messages cachés concernant ses habitants d’autrefois, que l’on peut notamment apercevoir sur ses fameuses portes en bois sculpté, remarquables par leur beauté et leur complexité. Elles sont souvent décorées de motifs géométriques et floraux, témoignant de l'influence artistique islamique et de l'importance du statut social des familles qui y habitaient. Shibam, non seulement réputée pour son commerce ainsi que son rôle politique et social, était également connue pour un savoir-faire exceptionnel de la sculpture sur bois, d’où ses portes magnifiquement décorées.

Aujourd’hui, la menace la plus inquiétante pour la ville reste l’inondation, qui pourrait à tout moment nuire à son riche patrimoine historique, comme ce fut le cas lors des inondations désastreuses d’octobre 2008.


Ville historique de Zabid :


Enfin, Zabid, située dans la plaine côtière du Tihama au sud-ouest du Yémen, perchée sur une colline au-dessus du confluent du fleuve et de la plaine inondable fertile, est l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses cités islamiques du pays, mais également de toute la région arabique. Fondée au 9e siècle, (vers 819 apr. J.-C.), elle a été la capitale du Yémen du 13e au 15e siècle, et a joué un rôle central dans la diffusion du savoir islamique, des sciences et de la culture, en plus d’avoir été un important centre agricole et de commerce, grâce à son climat chaud et humide, proche de la mer Rouge et à sa position géographique stratégique. La ville doit son nom à l’oued Zabid, qui traverse la plaine fertile du Tihama et assure les ressources en eau nécessaires à l’agriculture et à la vie urbaine.


Capitale intellectuelle du Yémen médiéval :


Du 9ᵉ au 15ᵉ siècle, Zabid a connu un véritable âge d’or. Elle est devenue un centre majeur de savoir religieux et scientifiques dans tout le monde islamique. Sa célèbre université islamique, "madrasat Zabid", fondée peu après la construction de la Grande Mosquée, au début du IXᵉ siècle, attirait nombre d’érudits, des juristes et de jeunes étudiants venant de tout le monde musulman. Des disciplines comme la théologie, la jurisprudence islamique (ou fiqh), mais aussi les mathématiques, l’astronomie, la philosophie et la médecine y étaient enseignées. Grâce à son rayonnement intellectuel, Zabid est rapidement devenu un pôle de la pensée sunnite dans une région également marquée par le zaydisme et l’ismaélisme, deux courants chiites. Aujourd’hui, Zabid possède la plus forte concentration de mosquées du Yémen, soit 86 au total ! La plupart sont de simples structures en briques, mais certaines présentent des décorations élaborées et des éléments architecturaux sophistiqués, comme des arcs brisés et des coupoles finement ornées. Elles constituent le plus grand ensemble de bâtiments de cette période au Yémen.


Patrimoine architectural :


Zabid présente également un urbanisme architectural plutôt traditionnel ou classique. A ceci près qu’elle fut la première, et la seule, à avoir été construite sur la base d’un plan typique d’une ville islamique. En effet, celle-ci est structurée autour de la Grande Mosquée et de son souk, centre religieux et commercial, et où l’on retrouve là encore un réseau de ruelles étroites et sinueuses qui s’étendent à travers toute la ville et bordé de ses bâtiments vernaculaires, ses quartiers résidentiels distincts, ses minarets, ses souks ou encore ses hammams, et dont l’architecture a influencé toute la plaine côtière yéménite. De plus, Zabid présente aussi une architecture à but défensif et militaire, comme ses voisines. Sa proximité avec la mer, et donc, à de possibles envahisseurs, l’a obligé à sentourée d’une muraille de terre battue, dotée de portes monumentales, de tours de guets et de remparts, dont il ne reste plus aujourd’hui que des vestiges.

Il fut un temps où les échanges commerciaux avec les ports de la mer Rouge, notamment celui d’Al-Hodeïda, ont permis à Zabid de conserver son activité marchande jusqu’à l’époque moderne, mais depuis le XXe siècle, celle-ci a considérablement diminué.


Projet "Cash for work" de l’UNESCO : promouvoir la réhabilitation du patrimoine et des opportunités de subsistance à la jeunesse yéménite.


Depuis 2014, le conflit armé en cours au Yémen a gravement menacé le patrimoine culturel du pays, provoquant des destructions importantes et une menace qui pèse toujours sur un bon nombre de sites protégés et de bâtiments historiques inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Plusieurs monuments emblématiques, dont des mosquées anciennes, ces maisons au style traditionnel typique du sud de la péninsule arabique et autres musées et souks historiques, ont été partiellement ou totalement détruits dans différentes régions, notamment à Sana’a, Shibam, Taëz et Zabid. De fait, cette guerre a engendré une désorganisation totale des institutions culturelles et patrimoniales du pays. Les services de protection, de conservation et de documentation des sites historiques se sont retrouvés complètement paralysés par l'insécurité, le manque de financement et l'effondrement de l’administration centrale. Cette instabilité chronique a entraîné une récession économique brutale, chaque jour exacerbée par le blocus économique et les restrictions d’accès aux ressources essentielles.


Le pays connaît un des plus hauts taux de chômage dans le monde, en particulier chez les jeunes, qui s’élevait à 32,65 % en 2023, et plus de 80 % de la population dépend encore de l’aide humanitaire pour survivre. Et comme si ce n’était pas déjà suffisant, des facteurs aggravants tels que les conditions climatiques extrêmes (inondations, sécheresses, tempêtes de sable) de plus en plus nombreuses et favorisés par le changement climatique, fragilisent davantage les bâtiments anciens, notamment ceux construits en terre crue ou en matériaux organiques. L’épidémie mondiale de COVID-19, survenue en 2020, a encore affaibli les capacités locales en matière de gestion des sites patrimoniaux, en interrompant les chantiers de restauration, les programmes de formation, et les missions internationales de sauvegarde.


Aujourd’hui et plus que jamais, le Yémen a besoin de l’aide internationale et de mobiliser ses propres enfants. Le programme " Cash for work ", mis en place par le Bureau de l’UNESCO et le Fonds Social pour le Développement du Yémen (FSD) et financé par l’Union européenne à hauteur de 10 millions d’euros, permet aux communautés locales de participer activement à la réhabilitation de leurs sites historiques tout en recevant un revenu vital. Cette initiative redonne non seulement du travail et de la dignité aux Yéménites, mais elle ravive aussi un lien précieux entre les citoyens et leur héritage culturel.


Dans ce contexte difficile, le projet " Cash for work " vise à employer et à former 4 000 jeunes hommes et femmes à la réhabilitation et à la préservation du patrimoine culturel yéménite dans quatre centres urbains historiques : Sana'a, Shibam, Zabid et Aden. Lancé en septembre 2018, celui-ci cible une soixantaines de sites de réhabilitations dans ces 4 centres urbains, avec une analyse précise des dommages causés et des plans de restaurations spécifiques à chaque site, en plus de permettre la création d’ateliers d’éducation et de formation de la jeunesse et des professionnels. Malgré la période pandémique, en 2020, celui-ci a déjà permis de : 

  • Enquêter sur plus de 8 000 bâtiments historiques.

  • Stabiliser et/ou réhabilité 130 bâtiments historiques (principalement des maisons privées et des espaces publics).

  • Engager plus de 1 300 jeunes travailleurs de moins de 35 ans (dont 10 % de femmes, représentant environ 6 000household members”) pour plus de 20 000 journées de travail.

  • Engager plus de 500 jeunes dans des programmes culturels et des campagnes de communication.

  • Organiser 4 ateliers de “capacity building” pour 50 opérateurs culturels.

  • Distribuer des subventions à 8 organisations culturelles pour soutenir les revenus dans les secteurs créatifs (arts de la scène, cinéma, poésie et musique).




Approche communautaire et développement durable :


Le projet, pionnier dans la restauration participative du patrimoine, adopte des méthodes centrées sur les communautés, en tenant compte des besoins des résidents et des priorités locales. En effet, ses activités ont permis de contribuer à répondre aux besoins humanitaires les plus urgents de la crise (accès aux moyens d’existence, renforcement de la résilience économique et rétablissement de la cohésion sociale) tout en favorisant l’appropriation locale des yéménites sur la sauvegarde de ce patrimoine commun à tous. De plus, en complétant les travaux de réhabilitation, le projet soutient également des programmes culturels dirigés par des jeunes afin de soutenir la durabilité des efforts de préservation des générations suivantes. Enfin, le projet " Cash for work " répond aussi aux fameux objectifs de développement durable des Nations-Unis pour l’horizon 2030, comme l’ODD numéro 1 en réduisant la proportion de personnes vivant dans la pauvreté, l’ODD numéro 8 en offrant un emploi productif et décent pour tous, y compris la jeunesse ou encore l’ODD numéro 11, en participant à protéger et à préserver le patrimoine culturel mondial.


Apports de l’ICESCO concernant la promotion et la protection de l’héritage culturel des pays du monde islamique :


Le 20 janvier 2024, l’ICESCO et le ministère égyptien de la Culture ainsi que la Commission nationale égyptienne pour l’éducation, les sciences et la culture, ont tenu une session de formation au profit des professionnels du patrimoine égyptiens et yéménites. Cette session de formation s’est étendue sur cinq jours et a vu la participation, entre autres, de Dr Nahla Imam, conseillère de la ministre de la Culture pour le patrimoine immatériel et présidente du Conseil d’administration de la Maison du patrimoine égyptien, ainsi que M. Ameer Al-Darouss, représentant permanent du ministère de la Culture égyptien, et de Dr Sherif Salah, représentant de Dr Sherif Saleh, Superviseur de la Commission nationale égyptienne pour l’éducation, les sciences et la culture. Dr Osama Al Nahas, expert du Secteur de la Culture et de la Communication au sein de l’ICESCO, a souligné dans son intervention l’engagement de l’Organisation envers la préservation du patrimoine. Il a déclaré que l’Organisation ne considère pas cet engagement comme une simple sauvegarde de l’identité, mais aussi comme un moteur essentiel du développement durable, et a mis en lumière l’annonce par l’ICESCO de son initiative visant à intégrer la culture en tant que dix-huitième Objectif de Développement Durable des Nations-Unis.

Dr Al Nahas a notamment expliqué que cette formation s’inscrit dans le cadre des efforts entrepris par l’ICESCO pour renforcer les compétences des professionnels œuvrant dans le domaine de la préservation du patrimoine au sein des États membres. Il a rappelé également que l’Organisation a inscrit 631 éléments et sites sur ses listes du patrimoine dans le monde islamique, en vue de les protéger, de les réhabiliter et de les exploiter pour atteindre les Objectifs du Développement Durable.


Symbolisé par la rencontre entre Dr Salim M. AlMalik, Directeur général de l’ICESCO et M. Muammar Al-Eryani, Ministre de l’Information, de la Culture et du Tourisme de la République du Yémen le 23 juin 2023 au siège de l’Organisation à Rabat, afin d’examiner les possibilités de renforcement des partenariats entre l’Organisation et la République du Yémen, notamment concernant le domaine culturel, celui de la préservation de l’héritage et de sa valorisation ainsi que le renforcement des compétences des travailleurs sur le terrain. La rencontre a également eu lieu en la présence de M. l’Ambassadeur du Yémen auprès du Royaume du Maroc Ezzeddin Al-Asbahi, Dr. Mohamed Zinelabidine, haut responsable du secteur Culture et Communication au sein de l’ICESCO ainsi que de M. l’Ambassadeur Khaled Fathalrahman, directeur du Centre du Dialogue Civilisationnel. Durant la rencontre, Dr AlMalik a notamment rappelé les principaux projets de l’Organisation et ses programmes au Yémen, et plus précisément dans le domaine de l’éducation des jeunes filles, avec le "girl catch-up education project" en partenariat avec le Al-Khair Charity for Humanitarian Relief, fondé par le King Salman Center for Relief and Humanitarian Aid, mais aussi dans le renforcement des compétences de la jeunesse au Yémen.


De fait, l’ICESCO s’engage activement à équiper ses Pays Membres de toute l’expertise nécessaire à la protection et au management de leur héritage culturel, qu’il soit matériels ou immatériels, et de manière durable afin de pouvoir, dans un premier temps, réduire leur nombre sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’UNESCO et, d’autre part, de promouvoir également ce riche héritage au reste du monde, en incluant de nouveaux éléments sur les listes mondiales. En effet, près de 18% de l’héritage mondial se trouve dans le monde islamique, et pourtant, déjà près de 63% des sites classés sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’UNESCO se trouve dans cette région. Quant à la liste du patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO, les Pays Membres de l’Organisation possède 42% des éléments enregistrés, soulignant là encore la richesse des différents patrimoine dans le monde islamique mais aussi la nécessité de soutenir ces pays dans leurs efforts de sauvegarde, afin qu’ils puissent préserver, valoriser et transmettre ce patrimoine unique aux générations futures.


Ainsi, l’ICESCO a mis en place un fond d’aide supplémentaire pour permettre à l’Organisation d’atteindre ses objectifs par rapport à ses Pays Membres, en soutenant son "Cultural Heritage Center", ses programmes, activités et travaux, et plus spécifiquement ses "flagship programs and activities". Les ressources et informations ainsi produites pourront, par exemple, permettre à l’Organisation de pouvoir promouvoir et consigner les biens culturels du monde islamique, de les manager à travers une approche durable et inclusive ou encore de développer des mesures concrètes à la protection de cet héritage en cas de conflit, de trafic illicite, ou pour agir face au changement climatique. Évidemment, les Pays Membres bénéficient eux aussi directement de ce fonds, via, par exemple, de ressources et expertises dédiées à chaque besoin concernant la mise en place de projet lié à l’héritage culturel.


Enfin, l’ICESCO possède aujourd’hui un programme pour la promotion des indicateurs culturels des Pays Membres de l’Organisation s’étalant de 2023 à 2025 afin de sensibiliser, d’accompagner et de supporter l’implantation de stratégies nationales et régionales à la production et la diffusion d’indicateurs culturels. Ces indicateurs culturels permettant de connaître la part du secteur à l’économie générale des pays et des régions (industries, musées, librairies, média, festivals…), mais également le niveau de création d’emploi dans le secteur culturel, celui des investissements publics et privés ou encore la part de la promotion à la créativité et l’innovation. Leur utilisation et leur quantification permet de mettre en place les futures politiques culturelles et économiques en accord avec les besoins spécifiques de chaque Pays Membres, mais aussi de créer un suivi concernant l’évolution de la situation en les comparant avec les résultats précédents.


Ainsi, l’ICESCO propose à ses Pays Membres un programme en plusieurs objectifs :

  • La définition ainsi que la mise en place de méthodes de mesure des différents indicateurs présents.

  • L’étude de l’état actuel des différents indicateurs par les Pays Membres.

  • L’identification des principaux besoins et objectifs de chaque Pays Membres ou régions.

  • L’accompagnement des Pays Membres et/ou des régions concernées dans le processus d’adoption de ces indicateurs culturels. 

  • La communication sur l’impact de l’adoption de ces différents indicateurs notamment concernant le développement durable. 


"Cultural heritage is of paramount importance, as it constitutes part of the identity of communities. Safeguarding it with a view to transmitting it to future generations is accordingly a duty and an obligation. Dr Salim M. AlMalik, Directeur général de l’ICESCO.

Références bibliographiques :


Site officiel de l’UNESCO - Ville historique de Zabid

Site officiel de l’UNESCO - Vieille ville fortifiée de Shibam

Site officiel de l’UNESCO - Vieille ville de Sana’a 

Site officiel de l’UNESCO - Cash for work: promoting local employment through heritage conservation in historic cities (Yemen)

Chaîne YouTube officielle de l’UNESCO GCC and Yemen - Yemen Heritage Series - Old City of Sana’a 

Chaîne YouTube officielle de l’UNESCO GCC and Yemen - Yemen Heritage Series - Old City of Shibam 

ICESCO - Heritage Center of the Islamic World - Fund for Heritage Assets in the Islamic World

ICESCO - Heritage of the Islamic World Center - Simplified guide to safeguarding intangible cultural heritage 

ICESCO - ICESCO Center for Holistic Policies for the Promotion of Cultural Reality - Promoting cultural indicators in ICESCO member states

Next Event

RSVP Closed
0 DAYS TO THE EVENT
May 27, 2025, 3:00 PM GMT
Palais Ksar Said - Le Bardo
bottom of page