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Quand la Tunisie inspira ma créativité… enfin j’ai osé !


Réseau International Des Chaires ICESCO Pensée, Patrimoine, Lettres Et Arts

GROUPE DE RECHERCHE SUR " LA PENSÉE ET LA CRÉATIVITÉ DES FEMMES DANS LE MONDE ISLAMIQUE "


Aicha Vesin Chérif








Aicha Vesin Chérif


Écrivaine





→ Biographie :

Française, depuis juillet 2004 retraitée de l’enseignement pour enfants en difficulté scolaire. Passionnée de la vie, du monde et des rencontres, la tête et le cœur sur les rives bleues de la Méditerranée. Sa vie riche de rencontres et de voyages a nourri sa plume. Ne sachant ni peindre ni dessiner, elle a choisi l’écriture, associée parfois à la photo pour exprimer ses émotions. Sa rencontre avec Jacques Bruyas (écrivain, dramaturge) et les écrivains qu’elle invite lors d’échanges interculturels furent déterminants. Poète et conteuse dans l’âme, mais pas seulement, elle a écrit différents ouvrages (romans, poésie, documentaires, policiers, contes, nouvelles, essais). Attirée par la littérature, la philosophie, l’Histoire, la danse, les voyages et la rencontre des cultures. Le sport et la découverte des montagnes, des déserts et de la mer font aussi partie de ses passions. Primée plusieurs fois au niveau international. Chevalier des palmes académiques. Membre du bureau de la Maison de la Francophonie à Lyon et de l’Union des écrivains Auvergne Rhône Alpes, impliquée dans les quartiers en voie de développement sur la région Lyonnaise depuis 2006. Conseiller et soutien à des associations en Tunisie, dont des associations de femmes et d’aide au handicap.


Née en 1948, je resterai attachée aux lieux de ma petite enfance longtemps, sur les bords du Léman, entre lac et montagne. Pendant ma jeunesse, plusieurs passions m'ont permis de surmonter des turbulences, à savoir, le goût de l'histoire et la musique…

Chacun a nourri ma soif de connaissance d'une part, et canalisé ma vitalité naturelle d'autre part. [...] La Tunisie fait partie intégrante de mon histoire. [...] C'est sous le titre « Nouvelles racines, Impression tunisienne » que parut mon premier ouvrage poétique.

Voici les commentaires de Jacques Bruyas, écrivain et éditeur à ce sujet : 

« On attend toujours d'une enseignante qu'elle aille vers l'autre, qu'elle soit disponible et à l'écoute... Mais rares sont ceux qui assimilent culturellement et transforment leur personnalité comme l'a fait Aïcha, présidente d'une très importante association d'amitiés franco-tunisiennes. Aïcha Chérif a découvert cette terre tunisienne et a compris alors qu'elle était sienne. « Être né quelque part » dit le chanteur, n'est pas en soit un conditionnement et l'objet d'une revendication territoriale... Il n'est pas de pays que celui qu'on adopte et que celui qui vous reconnaît aussi comme l'un de ses enfants. Les poèmes de Aïcha Chérif sont de véritables hymnes aux oasis tunisiens et dans le sillage d'Abou El Kacem Chebbi, Aïcha chante un pays béni des dieux autrefois, protégé par Dieu maintenant. »

Forte de mon évolution et de l'adhésion du public pour mes nouveaux poèmes, je soumettais un nouveau recueil à Jacques Bruyas : « Chemins de plumes ». [...] Dans ce volume, imprégné de mon chemin de vie, de mon orientalité, mais aussi de mes amours, mes plumes m'ont libérée et j'osai dévoiler au lecteur un peu de mon intimité et de mes prises de position.

Voici l'avis de Jacques Bruyas :

« Michèle Aïcha Vesin Chérif a la Tunisie dans le sang...véritable Ulysse des temps modernes, la féminité en plus, elle sillonne les côtes comme le Grand Sud de la Tunisie, entonnant quelqu'air ensorceleur avec les lotophages de Djerba, ressuscitant Élisa Didon en le port phénicien de Carthage, alignant mot à mot la nostalgie des poètes du café des Nattes de Sidi Bou Saïd, à l'égal des constructeurs montant brique à brique les ruelles tortueuses de Tozeur...

Aïcha... c'est sous ce prénom que nous la préférons, est une mémoire géographique de la Tunisie et ses poèmes sont autant de bornes dans le périple du voyageur guidé par les étoiles comme la vigie Chatterton de Vigny ».

Tout commença avec la participation à la Foire du livre de Tunis, avec Jacques Bruyas et sa charmante épouse Elyane et moi. Interview à la clé et rencontre d'auteurs tunisiens. Nous en avons profité pour visiter la médina fraîchement restaurée, puisque je connaissais bien les lieux et préparais un reportage sur les portes tunisiennes. [...] Nous sommes retournés ensuite vers un lieu qui nous était cher, à savoir Sidi Bou Saïd et c'est, attablé face à la mer au « café des délices », entouré de bougainvilliers en fleurs d'un rouge flamboyant et devant un jus de fraise succulent, que Jacques imagina une conférence sur l'histoire de l'orgue de « berbérie ».

[...] De quoi nous emporter dans des méandres savoureux où se tisserait un lien entre Liban, Tunisie, Lyon et Oullins avec Jacquard, et l'aventure de la cheffe berbère « La Kahéna ».

À noter que beaucoup de Tunisiens me donnent ce surnom de Kahéna pour mon tempérament de battante.

[...] Ainsi, le conte crée le lien entre mes escapades, le Liban, les canuts de Lyon et Jacquard à Oullins. Voici maintenant un extrait de « l'histoire de Vizir, le cheval barbe de la Kahéna » où il est question de Berbères, et de leur cheffe, sachant que le cheval barbe est une race de chevaux arabes... Dans ce conte, je parle d'une traversée du Sud tunisien, sur un cheval barbe, en direction d'El Jem, au Sud Est de la Tunisie où se trouve un colisée romain très bien conservé. Ce jour-là, il pleut et je cherche à me mettre à l'abri, quand...

[...] Observant autour de moi, je constate que, soit nous sommes au carnaval, soit j'ai remonté le temps, ce temps si précieux... cette horloge qui me permettrait peut-être de retrouver les traces de mes ancêtres les Berbères !! En attendant, de Berbères il n'y a point, juste beaucoup de Romains...

Soudain, quelqu'un me frôle et m'attire fortement derrière une colonne.

--- Que fais-tu là ? Si les Romains te repèrent, tu finiras dans la gueule des lions.

--- Mais qui es-tu ?

--- Je suis Hassan ben Hassan et je viens des Aurès... Nous avons suivi notre, chef Dhiya, avec toute la tribu des Berbères des Aurès.

--- Et qui est cette cheffe ?

--- Mais enfin, tu es Berbère et tu ne la connais pas ?

On l'appelle la Kahéna.

--- Ah ! la Kahéna ! Tiens, c'est bizarre on m'appelle souvent comme ça car je me bats toujours pour défendre les intérêts des uns et des autres. 

--- Comment es-tu arrivée là avec nous ?

--- C'est une longue histoire... Mais c'est mon barbe Vizir qui m'a conduite là.

--- Vizir ? Mais c'est la barbe de la Kahéna.

--- Non…  C’est le mien !

--- Il n'y a qu'un seul barbe dans toutes les tribus Berbères que mène la Kahéna depuis 5 ans contre les Romains.

--- Dis-moi, en quelle année sommes-nous ?

--- Je crois que tu as perdu la mémoire ! Nous sommes en 693... Et puis, viens ici dans les souterrains... car de ce côté, les musulmans sont installés, ils ont aidé les Romains pour faire tomber Dihya.

--- Qui ça ?

--- La Kahéna, bien sûr... tu ne comprends rien !

--- Elle est où ta Dihya ?

--- Elle est là... en bas... ils l'ont capturée... et tu vois, Vizir est là et le comprend. C'est son cheval. »

[...]

--- « Tu pourrais me raconter ce qui s'est passé avant ?

--- Alors voilà, à la première bataille, Dihya a remporté une victoire sur les troupes d'Ibn Numan à Miskyana (entre Tebessa et Aïn Beïda, dans la région constantinoise). Dans la vallée déserte et asséchée, Dihya a caché son armée pendant la nuit, dans la montagne, avec sa cavalerie et ses troupeaux de chameaux, pour prendre en embuscade les troupes d'Ibn Numan. Lorsque les Arabes ont attaqué, ils ont reçu une pluie de flèches tirées entre les jambes des chameaux des Berbères. Les Arabes ont été écrasés et les Aurésiens, on les a poursuivis jusqu'à Gabès. Dihya a remporté une grande victoire et on a encore battu Ibn Numan près de Tabarka.

Seulement, vois-tu, Ibn Numan a repris Carthage. Il a demandé alors plus d'hommes au Calife Ibn Marwan pour nous attaquer chez nous en Aurès. Comme Dihya a compris qu’elle ne pourrait plus gagner, elle a brûlé les terres pour qu’ils ne trouvent rien. Tu imagines ! Toute la population a été furieuse.

--- Et après ?

--- Dihya a mené encore une bataille à Tabarka, mais elle a été trahie par Khalid, un jeune Arabe qu'elle avait épargné et adopté selon la coutume de l'anaïa, tu sais la protection chez les berbères.

--- Cela a dû être terrible pour elle... elle, cette femme, la première cheffe guerrière !

--- Oui, alors elle a envoyé ses deux fils, Ifran et Yezdia, se rendre auprès d'Hassan. Elle a continué de se battre, mais elle a été capturée... »


Désormais poète, conteuse, créatrice d'ateliers d'écriture, et néanmoins conférencière, je me professionnalisais et, pour une retraitée depuis 6 ans, c'était pour le moins inattendu, mais à vrai dire, je réalisais un rêve... que dis-je ? des rêves !

Je n'oubliais jamais mon âme de photographe et participais à Métouia, dans le Sud de la Tunisie, à une exposition nommée « les voyageurs du temps ». [...] J'écrivis alors deux ouvrages, l'un sur Métouia même en tant que documentaire et l'autre tourné vers la photo et la poésie inspirées par ces lieux et leurs habitants.

Préface de Jacques Bruyas :

« Aïcha Vesin-Chérif est une femme exceptionnelle comme la Tunisie, semblable-t-il, a le chic de rencontrer dans son Histoire. La Tunisie et les femmes, c'est une singulière aventure...de Elissa-Didon à Salammbô, négligeant le manteau de Tanit, à la Kahina et plus près de nous, les grandes voyageuses Alexandra David-Neel (qui entre deux périples au Tibet se ressourçait à Tunis) ou Lucie Delarue-Mardrus (dont le mari reste comme le plus précis traducteur des " Mille et une nuits" ) et son livre « El Arab » qui est un petit chef-d'œuvre de chant d'amour aux côtes carthaginoises... Toutes ont apporté au pays « des portes bleues « quelqu'onces d'âme supplémentaire et beaucoup de tendresse. » 

 

[...] La ville de Vernaison me proposa, pour une journée francophone, de me présenter, hors association, sur un stand regroupant des ouvrages de la littérature tunisienne, mes livres, royalement au nombre de 4 !... et mes photos. Pour l'occasion, et pour la première fois, j'eus l'idée de créer des cartes postales poétiques. Le succès fut au rendez-vous. 

[...] Très tôt, dans cette biographie, j'ai refermé une partie de mon jardin, l'estimant inutile pour comprendre le fil conducteur qui m'a animée, à savoir ce défi de toujours « écrire », et encourager ceux qui ont une passion à ne jamais désespérer.



Extrait de mon ouvrage

Un temps aux écrivains

La passion de l’échange et de l’écrit

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