Sur l’art et l’environnement

L'art contemporain est pluraliste en intention et en réalisation ; l’art ne peut pas être appréhendé dans une seule dimension.

Pendant longtemps les organismes sociaux et les orientations politiques ont été guidés par la pensée de l'homme comme ​étant ​le centre de l'univers autour duquel gravitent les autres êtres, dans un rôle subordonné et conditionné.


Tout autour de l’idée qui place l'homme comme l’axe principal de la vie, ​s'organise le concept d'anthropocentrisme basé sur l’idéologie humaniste.


Imprégné par la conviction que les êtres humains, seuls, sont capables de transformer le monde en fonction de leurs désirs et par des moyens techniques, la pensée anthropocentrique ne reconnaît la valeur des choses, des biens, et de la nature, qu’en tant qu'ils soient utiles à l’espèce humaine.

Il a fallu longtemps pour commencer à réfléchir à propos de la relation entre l'homme et la nature sous d’autres angles. Des nouvelles réflexions sur les relations entre l'homme et la nature ont été développées dans les sciences de l’environnement qui ont donné naissance à l’écologie, à partir de la fin du XIX Siècle.


Dans le présent, en vue des processus accélérés de dégradation de la nature, les questions liées à l'environnement et à l'écologie se heurtent à plusieurs problèmes culturels, sociaux, philosophiques et politiques. Néanmoins, une nouvelle forme de relation entre l'homme et la nature devient urgente et les aspects déjà définis dans cette relation nécessitent, semble-t-il, un changement radical de nos perceptions, concepts et valeurs.


Le matérialisme moderne soutenu par les sciences et les technologies favorise la qualité de vie, mais il devient discutable d'un point de vue écologique.

Les critiques considèrent que l'anthropocentrisme a généré un mode de vie destructeur de la nature, axé sur la consommation de masse, nuisible à l'environnement et à la survie de l'espèce humaine, elle-même, au point d’enclencher une nouvelle ère géologique, l’anthropocène.


Devant les asymétries auxquelles nous sommes soumis dans la vie contemporaine, — comment pouvons-nous, en tant qu’individus, nous constituer en tant que des sujets dans une société secouée par des brusques mutations ?

Peut-il l’art s’inscrire dans un débat sur des transformations profondes de notre époque impliquant la nature et l'environnement ?


Il est incontestable que l’art favorise la réflexion sur d'autres points de vue et provoque dans nos sens, et dans notre imagination, une force irrésistible d'expansion.

Une des fonctions de l’art est d’extraire la perception de son automatisme. L'expérience esthétique promue par l'art implique une éthique par laquelle nous nous voyons, et nous conduisons dans le monde. Et déclenche des processus qui sont plus larges que l'art lui-même.


Voilà l’hypothèse par laquelle je me suis sentie toujours motivée à développer une production dans l’art : l'expérience esthétique à la base des processus artistiques, et de leur réception, pourrait-elle engager la conscience que nous avons du monde, et de nous-mêmes. L'art contemporain est pluraliste en intention et en réalisation ; l’art ne peut pas être appréhendé dans une seule dimension. Il est dans le pluralisme de ses procédés, et de ses manifestations, que l’art puise ses forces pour prendre en charge, par le sensible, et par les moyens qui lui sont propres, les problèmes qui concernent notre temps. Faut-il ne pas oublier que l’artiste est profondément impliqué dans les objets qu’il produit et que les processus de l'art sont plus grands que la portée de nos pensées.


La nature, dans l'ensemble multiforme de ses objets, a été considérée dans l’Occident, depuis la Renaissance, comme un motif central de l'expérience esthétique, et comme un objet de réflexion théorique.


Dans la contemporanéité, la prise en compte de la nature dans l’art est un sujet actuel et, semble-t-il, incontournable, qui concerne à tous en vue du destin des divers écosystèmes en péril et de la survie de l’homme sur la planète.

Avec les technologies actuelles les artistes développent des outils pour créer des nouvelles formes agencées par des visions fragmentaires, élaborées à partir des interrogations sur la place de l’homme, et de la nature, dans le monde pluriel que nous vivons.



REY, Sandra : (des)Horizontes : sobre a vacuidades de todos fenômenos, 2017.

(des) Horizonts : sur de la vacuité de tous les phénomènes, 2017.

|Photographie [montage par traitement numérique]| |Impression pigment minéral sur papier Hahnemühle| |Dimensions: 115 X 115 cm| |Tirage : 5 exemplaires|

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