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Ma peinture peut-elle servir la paix ?



Marie Claude de Vençay







Marie Claude de Vençay


Professeur d’espagnol et artiste peintre





→ Biographie :

Artiste peintre Française et également professeur d’espagnol, Marie Claude de Vençay vit et travaille en Dordogne. Son travail se situe au croisement de deux territoires qui nourrissent son imaginaire : le Mexique, avec la force de ses mythes et de ses couleurs, et la Dordogne, avec ses paysages et sa relation intime au vivant.

Elle développe une peinture qui explore les liens entre l’être humain, la nature et les paysages intérieurs.

Elle expose en France et à l’international et poursuit une démarche artistique qui interroge la place du mythe, de la nature et de l’imaginaire dans le monde contemporain.


Résumé

Bibliographie

Notes


Plan



La pensée et la créativité féminine au service du vivant


Dans un monde traversé par les tensions, les fractures et les violences, la question peut sembler fragile, presque naïve : la peinture peut-elle servir la paix ?

Et pourtant, l’art n’est pas seulement une pratique esthétique. Depuis les origines de l’humanité, il constitue un langage symbolique par lequel les sociétés expriment leurs visions du monde, leurs peurs, leurs espoirs et leurs aspirations profondes. Peindre, c’est rendre visible ce qui n’a pas encore trouvé sa forme dans le réel.


Dans ma démarche artistique, cette question de la paix n’apparaît pas comme un thème explicite ou militant. Elle se manifeste plutôt à travers une recherche plus profonde: comment rétablir un lien entre l’être humain, la nature et le monde intérieur.

Car la paix commence peut-être là.


Le mythe comme langage universel


Mon travail s’inscrit dans un dialogue constant avec le mythe.

Ayant vécu de nombreuses années au Mexique, j’ai été profondément marquée par la présence des mythologies dans la vie quotidienne. Là-bas, les mythes ne sont pas seulement des récits anciens: ils vivent dans la mémoire collective, dans les paysages, dans les gestes de la vie ordinaire.

Le mythe n’est pas une fiction éloignée de la réalité. Il est une manière d’habiter le monde.

Dans la peinture contemporaine, le mythe peut devenir un espace de rencontre entre les cultures. Il permet de dépasser les frontières politiques, linguistiques ou religieuses pour rejoindre ce que nous partageons de plus profond : la peur, la naissance, la transformation, la mort, le rêve.


En ce sens, le mythe crée un langage commun. Et tout langage commun est déjà un pas vers la paix.

 

L’éternel féminin comme principe de relation


Dans ma peinture apparaissent souvent des figures féminines, des arbres, des paysages traversés par une lumière bleue. Ces éléments ne sont pas seulement des motifs esthétiques: ils sont porteurs d’une symbolique.

Le féminin, dans cette perspective, n’est pas une catégorie sociale ou biologique. Il renvoie plutôt à ce que de nombreuses traditions ont nommé le principe du vivant: la capacité de relier, de transformer, de faire naître et de prendre soin.

Ce que certains appellent l’« éternel féminin » n’est pas une image figée de la femme. C’est une énergie de médiation entre les forces opposées: entre le visible et l’invisible, entre la matière et l’esprit, entre l’humain et la nature.


Dans mes tableaux, cette présence féminine apparaît parfois de manière discrète: une silhouette, une posture, un paysage qui semble habité par une présence invisible.

Elle ne cherche pas à dominer. Elle relie.

Et peut-être que la paix commence précisément par cette capacité à relier.

 

La nature comme mémoire du monde


Une autre dimension essentielle de mon travail est la relation à la nature.

Aujourd’hui, les crises écologiques nous rappellent à quel point la rupture entre l’être humain et son environnement est devenue profonde. Pourtant, dans de nombreuses traditions culturelles, la nature n’était pas considérée comme une simple ressource, mais comme une réalité vivante, porteuse de mémoire et de sagesse.

Les arbres occupent une place centrale dans mes peintures. Je les considère souvent comme des figures de présence et d’enracinement.

Ils relient la terre et le ciel.Ils traversent le temps.Ils témoignent d’une continuité du vivant.

En peignant ces paysages, je cherche à évoquer une forme de paix intérieure liée à l’ancrage et à la respiration du monde vivant.

 

La peinture comme espace de transformation intérieure


La paix n’est pas seulement une question politique ou diplomatique. Elle est aussi une expérience intérieure.

L’art possède cette capacité unique de créer des espaces de contemplation. Face à une œuvre, le regard ralentit. L’esprit s’ouvre. Une autre perception du monde devient possible.

Dans cet espace silencieux, quelque chose peut se transformer.

La peinture ne résout pas les conflits géopolitiques. Mais elle peut transformer le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le monde. Elle peut rappeler que la beauté, la fragilité et la profondeur du vivant existent encore.

Et cette transformation du regard est peut-être l’un des chemins les plus subtils vers la paix.

 

Une créativité féminine tournée vers le vivant


Aujourd’hui, de nombreuses artistes femmes explorent des voies similaires. Leurs œuvres interrogent la relation entre l’humain, la nature, la mémoire et le sacré.

Cette créativité féminine ne se définit pas seulement par le genre des artistes. Elle se caractérise par une attention particulière au lien, à la transmission et à la réparation des fractures du monde.

Dans ce contexte, la peinture devient un espace de recherche et de dialogue. Elle ouvre des perspectives nouvelles sur la manière dont l’art peut contribuer à une culture de la paix.

 

Peindre comme un geste de confiance


Alors, ma peinture peut-elle servir la paix?


Peut-être pas de manière directe ou spectaculaire. Mais chaque œuvre porte en elle un geste de confiance: la conviction que le monde ne se réduit pas aux conflits et aux divisions.

Peindre, c’est croire que la beauté, la mémoire et l’imaginaire peuvent encore nourrir une vision plus harmonieuse du monde.


Dans ce sens, chaque tableau devient une invitation :ralentir, regarder autrement, se souvenir que nous appartenons à une même communauté du vivant.

Et peut-être que la paix commence simplement par ce geste.

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